Socio-économie et usages de l'eau et des milieux aquatiques

Le territoire regroupe 72 communes, soit une population d’environ 100000 habitants. Cette population est concentrée sur l'agglomération de Saint-Omer, et sur la basse vallée de l'Aa. 

La partie amont du bassin reste rurale, tandis que le secteur aval est très urbanisé et industrialisé. Les principales activités industrielles du bassin sont les papeteries, la verrerie (Arc International), la conserverie (Bonduelle) et la brasserie (Brasserie de Saint-Omer). Ces industries sont consommatrices d'eau (30 % des prélèvements) et productrices de rejets dans le milieu.

Les activités agricoles du bassin sont la culture céréalière, l'élevage, le maraîchage et la cressiculture. Par ailleurs, plusieurs piscicultures de truites se sont installées sur la rivière. Peu sont encore en activité.

En terme d'usages de l'eau, soulignons l'importance des prélèvements effectués dans la nappe de la craie, où 40 millions de m3 sont pompés par an (dont 60 % sont exportés à l'extérieur du bassin).

On notera également que la navigation constitue une activité très présente sur le canal de Neufossé et l'Aa canalisée (navigation marchande et touristique) mais aussi à l'intérieur du marais (navigation de loisir). Enfin, il faut rappeler que le marais audomarois est un espace cultivé (maraîchage et élevage) et habité (maisons traditionnelles, ainsi que résidences secondaires, campings, mobil-home).

A l'intérieur du marais, la cohabitation entre les différents usages de l'eau et du milieu n'est pas sans créer des conflits.

Les activités touristiques sur le bassin versant sont fortement liées à la pratique de la pêche, que ce soit dans le marais ou sur les rivières. Le bassin versant compte 12 associations agréées de pêche soit environ 5 000 adhérents, et les étangs de pêche sont nombreux tout au long des cours d'eau. L'Aa est également pressentie pour le canoë-kayak, mais il n'y a pas de pratique régulière actuellement.

Risques hydrauliques

Hydraulique de la vallée de l'Aa

Les vallées de l'Aa et de ses affluents sont étroites, et les versants sont généralement fortement pentus. Aussi, ces rivières sont sensibles à des crues, crues qui sont de plus en plus puissantes et rapides du fait de l'évolution des paysages agricoles mais aussi de l'imperméabilisation grandissante.

Etant donné la forte présence humaine en fond de vallée, ces crues peuvent avoir des incidences catastrophiques. La crue exceptionnelle de février – mars 2002 a touché plus de 1 200 logements jusqu'à parfois 1,50 mètres d'eau à l'intérieur, et plusieurs industries papetières ont du arrêter leur production.

D'autre part, tout le bassin artésien est soumis à des risques de coulées de boues issues des ruissellements sur les parcelles agricoles. Ces coulées de boues créent des perturbations locales, en particulier sur les voiries. Elles ont aussi une forte incidence, par entraînement des limons, sur l'envasement des points bas, et plus spécialement au niveau du marais audomarois et du bief du Haut-Pont.

Niveaux d'eau du marais audomarois

Le marais audomarois correspond à une cuvette où l'Aa s'épanche en atteignant la plaine des Flandres. Les écoulements y sont quasi-nuls. Les niveaux d'eau sont entièrement liés à ceux du canal de navigation. Ils dépendent donc des contraintes de navigation, mais aussi des différents apports en eau (Aa, nappe, versant artésien, versant flamand) et des ouvrages multiples : ouvrages de protection internes au marais, les casiers, et ouvrages d'évacuation des eaux à la mer.

En temps normal, le niveau fluctue, en fonction du fonctionnement des ouvrages de navigation, et des apports en eau, autour d'une cote fixée.

En temps de crue, une lame d'eau peut s'étendre sur une très grande surface, mais sur une faible épaisseur. Le niveau descendra au rythme du fonctionnement des ouvrages d'évacuation des crues à la mer (ouvrages de l'Institution des Wateringues). Toutefois, en fonction du fonctionnement hydraulique interne au marais, et notamment de l'état des fossés, le ressuyage des terres peut parfois être très long.

De la même façon, à l'étiage, les écoulements dans le marais sont encore réduits, et certains fossés peuvent être complètement asséchés s'ils sont mal entretenus. Les niveaux bas dans le marais favorisent les phénomènes de développement algaux et d'eutrophisation, ainsi que l'oxydation des niveaux tourbeux des sols.